L’industrialisation de la naissance

51290785_326122854742885_3130486114549235712_nLa naissance est l’acte qui a été le plus modifié, manipulé et industrialisé avant même l’agriculture. Depuis l’évolution de la science, il y a une réelle neutralisation des lois de la sélection naturelle. Pour du positif heureusement mais pour du négatif également. Cette situation est extrêmement paradoxale et nous pousse à la réflexion : la médecine fait des avancées énormes en terme d’évolution (créant même des modifications génétiques importantes) mais parallèlement prive l’être humain de ses capacités naturelles. L’exemple type est celui de la résistance des microbes aux antibiotiques.
Nous vivons dans une ère où nous sommes le seul mammifère qui a besoin d’assistance pour donner naissance. Il y’a une explication liée directement à l’évolution mais le besoin d’être accompagné est avant tout l’effet de la peur, de la douleur et de l’envie de coller aux normes culturelles. Nous sommes conditionnées à penser que nous ne pouvons donner naissance seules. Il n’est d’ailleurs pas faux de dire que nombre de professionnels de santé ne connaissent pas d’un point de vue pratique (et non théorique) la physiologie de l’accouchement. Combien de sages-femmes travaillant en hôpital par exemple n’ont jamais vu d’accouchements physiologiques ? La réponse est exorbitante. Pour la simple et bonne raison qu’un accouchement physiologique ne peut pas avoir lieu à l’hôpital et qu’il ne se résume pas au simple fait de ne pas prendre de péridurale. Il existe un milliard d’inhibiteurs à la production d’ocytocine (mécanisme voué à disparaître dans le processus d’évolution à venir) dont la sécrétion d’adrénaline et la stimulation du Neo-cortex (principalement). Deux inhibiteurs qui se mettent en place directement à l’hôpital. Quand on sait que l’ocytocine est l’hormone de l’accouchement. Ça pose question. Il est évident qu’accoucher à l’hôpital a également du positif notamment lorsque l’on fait face à une grossesse pathologique.

👉🏼 Pour autant, le nombre d’actes médicaux pratiqués : péridurale, ocytocine de synthèse, déclenchements, utilisation de forceps, épisiotomie … est en constante augmentation.
En France par exemple, le taux de péridurale est l’un des plus élevé au monde avec un taux de 78%. Soit quasiment huit femmes sur dix.
Ensuite, il n’est pas faux de dire qu’un nombre conséquent de femmes sont persuadées que les examens médicaux sont obligatoires : prise de sang, tests, échographies… En réalité rien ne l’est et la Loi Kouchner de 2002 le stipule bien : « Aucun acte médical, ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne, et ce consentement peut être retiré à tout moment. »

👉🏼L’industrialisation commence lors de la grossesse, alors que les femmes subissent un nombre de test aussi nombreux qu’anxiogènes et termine à la maternité où les soins où nouveau-né sont aberrants, alors que rappelons-le : le nouveau né n’a besoin que d’une seule et unique chose pour assurer sa survie : le contact de sa mère.

👉🏼Autrefois, les femmes donnaient naissances dans plusieurs positions, dans des lieux divers, préférant se positionner naturellement, suivant un instinct, un reflexe archaïque. Depuis la nuit des temps les femmes accouchent seules, certes depuis la nuit des temps la mortalité existe, cependant il est très important de souligner, que le taux de mortalité général, à l’époque de l’accouchement non-médicalisé était déjà conséquent. Notons également que les pays ayant actuellement de hauts taux de césarienne accusent un taux de mort maternelle inquiétante; paradoxalement, les pays, telles la Norvège et la Suède, qui encouragent l’éducation, les accouchements à domicile avec sage femmes se classe parmi les meilleurs. [ces derniers propos sont recueillis via Karine La Sage Femme]

👉🏼Aujourd’hui un accouchement dit «Normal» est un accouchement médicalisé. Pour autant il est nécessaire de rappeler, que l’accouchement est un processus naturel, qui doit être encouragé. A l’ère où les violences obstétricales pleuvent et où l’on se rend compte, qu’il n’est pas normal s’instrumentaliser la femme enceinte, il est primordial de rendre aux futures mamans leur capacité à donner naissance et de stopper la banalisation des actes médicaux.

👉🏼Prenons l’exemple de la césarienne. Une césarienne n’est pas un accouchement. C’est une chirurgie. A partir de là, il n’est pas étonnant de constater les impacts d’une césarienne à plus ou long termes : difficultés à la mise en place de l’allaitement, engagement du lien mère-enfant, syndrome du choc post-traumatique, dépression post parfum, stress, angoisses…
On pense à tort que la césarienne est inévitable mais dans bien des cas elle ne l’est pas et bien au contraire et l’avalanche de gestes médicaux sur la femme l’y conduit bien trop souvent. Une femme durant son accouchement devrait pouvoir bouger, s’exprimer comme son corps lui indique de le faire. Or, c’est tout le contraire qui se passe. Des lors que l’on s’adresse à une femme en travail on intervient sur la nature même de son accouchement, dès lors qu’on la touche et ce, même une main sur son épaule, on met en échec un rythme physiologique.
Imaginons alors les dangers des actes médicaux et surtout faisons un point sur la non nécessité de ceux-là.

 

🔻 Le déclenchement : quel qu’il soit. Déclencher un travail alors que l’enfant n’est pas prêt à naître a un impact sur une multitude de choses auxquelles on ne pense pas au premier abord : la physiologie de l’accouchement est totalement modifié, les contractions ne sont pas naturelles et bien souvent induites, donc beaucoup plus douloureuses, il entraine très souvent une cascade d’interventions et au meilleur des cas l’enfant ne naît pas trop mal. Pourtant dans 85% des cas la naissance ne se passe pas dans les meilleures conditions : forceps, ventouses, césarienne, handicap, décès (heureusement pas une majorité!). Mais le danger est réel. Aujourd’hui on ne devrait plus parler en DPa (date prévu d’accouchement) depuis au moins deux ans mais en PPa (période prévu d’accouchement) ce qui change radicalement la donne en termes de fenêtre. Pourtant, on utilise toujours une seule et unique date. De plus en fonction du protocole on observe des déclenchements plus ou moins tardifs à partir de la DPa cela ne veut pourtant pas dire que ceux qui attendent 10,15 jours avant de déclencher sont plus inconscients que les autres, ça veut simplement signifier que leur protocole est différent. Il s’agit donc de protocole et non pas de décisions en fonction d’un cas.

🔻La péridurale : bien que l’on puisse souffler le contraire, elle a une incidence sur le bébé. Les effets sont plus ou moins variés selon les produits et les doses utilisés mais ils passent dans le sang et l’enfant prend sa dose également. Bien des nouveau-nés naissent assommés par les produits altérant leur capacité de succion par exemple lors de la mise en place de l’allaitement. Nous observons ces effets également avec le biberon bien sûr moindre car l’effort demandé est beaucoup moins important. Nous voilà donc avec des soucis de pertes de poids dès la naissance et une courbe qui met du temps à s’envoler. Si une perte de poids est normale à la naissance le petit devrait retrouver son poids d’origine rapidement. Notons tout de même que la pesée et la mesure du bébé au moment de la naissance sont des actes aussi inutiles que dangereux (aucune fiabilité, le nouveau-né ne devrait pas être manipulé à la naissance). Ils sont pourtant bien ancrés puisqu’en général ils constituent la carte d’identité du tout petit dès les présentations « Robert, 4kg, 50cm ». La péridurale a également et surtout un impact sur le travail, elle le ralenti, elle empêche le corps de s’exprimer comme il le devrait et empêche le mouvement ce qui est nécessaire dans le processus de la naissance. Elle bloque également la production d’ocytocine ce qui est rappelons-le, la base pour accoucher.

🔻Les injections d’ocytocine : On en vient bien souvent à cela sous péridurale ou après un déclenchement. Les contractions naturelles n’agissent pas toutes de la même façon et n’ont pas d’impact au même endroit du corps. Elles aident le bébé dans sa progression vers le col. De plus, pour celles qui ont déjà ressenti les effets de l’ocytocine (ce sont les papillons dans le ventre que l’on ressent quand on est amoureux), cette hormone a un effet apaisant, dopant et stimulant sur la femme en travail. Les contractions sous ocytocine de synthèse sont très violentes pour le bébé et beaucoup moins efficaces.

🔻Les touchers vaginaux : pour les raisons citées précédemment, psychologiquement le toucher vaginal est une intrusion. On touche le bébé de la mère, on le sent alors qu’elle-même ne peut encore le toucher, l’effleurer. C’est un acte intrusif et qui peut bloquer la production d’ocytocine.

🔻les forceps, les ventouses : Sont d’autant de pratiques dangereuses et presque barbares qui sont utilisées trop souvent. Il s’agit là pour le bébé d’une naissance traumatique et violente (bien plus que pour une césarienne la plupart du temps.)

🔻L’épisiotomie : Mieux vaut avoir une déchirure qu’une épisiotomie pour des raisons de cicatrisations. Bien trop souvent cette pratique est faite pour le confort du praticien.

Naturellement, tous ces gestes peuvent être nécessaires et vitaux. Cependant et c’est bien là le problème, ils ne sont pas utilisés en cas d’extrême urgence. Ils sont banalisés, surexploités et trop courants dans notre société. Ils ne devraient concerner que moins de 10% des accouchements et nous savons que ce n’est pas le cas.
Il est de notre devoir pour nous et toutes les femmes qui accouchent de se sentir le droit de dire non, de refuser des pratiques que l’on juge inutiles et dangereuses. Le monde médical est plein de merveilleuses avancées, il permet de sauver des vies et d’avancer mais il est aussi plein de protocoles rébarbatifs et parfois caducs. La neuroscience montre les effets néfastes de ces actes pourtant ils sont encore pratiqués régulièrement.
S’informer sur la physiologie de l’accouchement, se réapproprier son corps, apprendre à l’écouter est primordial pour se sentir sereine et légitime. Le corps humain est miraculeux. La nature est merveilleusement bien faite et elle est une source d’enchantement quand on s’y penche un peu.

Liens [Le HAS (haute autorité de la santé) demande une baisse de la surmédicalisation en France]: https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2823167/fr/accouchement-eviter-la-surmedicalisation

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